Enceinte et la tête dans le smog : le point sur la pollution aux particules fines

De Marie V | Le 28 mars 2014

Nouvelle alerte aux particules fines aujourd’hui ! Quels sont les réels risques, quels dangers pour les femmes enceintes, 5 trucs et astuces à connaître pour limiter la casse.

Qu’est-ce que la pollution aux particules fines

Airparif et Météo France annoncent un nouvel épisode de pollution atmosphérique aux particules fines (PM10) sur l’Ile-de-France.Vendredi dernier déjà, le pic de pollution a atteint un tel niveau en France que l’alerte aux PM10 a été déclenchée dans 18 départements. Conséquence ? Stationnement résidentiel gratuit à Paris et messages de prévention à tire larigot. Plutôt drôle à l’heure où la capitale est paralysée par les embouteillages dus à la visite du président chinois… Moins rigolo côté santé. Explications.

La pollution en devient visible. Les Parisiens ont ainsi pu remarquer la présence d’un voile. En témoigne la publication du Monde.fr qui a comparé deux clichés non retouchés de la tour Eiffel (fournis par l’AFP). Les deux images ont été prise du même point de vue à la même saison, l’une le 10 mars 2010, l’autre hier, 13 mars 2014. Plutôt éloquent :

Pollution particules fines - ©Lemonde.fr

Y a-t-il réel danger ?

Ces particules pénètrent profondément dans les voies respiratoires, créant des inflammations avec un effet immédiat (toux, essoufflement, maux de gorge, de tête…). Plus elles sont fines, plus les particules en suspension dans l’air sont agressives et rentrent loin dans les bronches, mais pas seulement : elles pénètrent au delà du système respiratoire pour aller dans le sang et certains organes (le foie par exemple).

En dehors des pics, la pollution chronique est tout aussi néfaste, avec des effets à long terme. Les particules fines ont été reconnues :

- responsables de cancers du poumon par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2012.
- à l’origine d’autres pathologies pulmonaires, comme l’asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
- facteur de risques cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus, troubles du rythme cardiaque).

Le caractère néfaste d’une exposition prolongée à ces particules est scientifiquement avéré : selon une récente étude (réalisée par Dr Rob Beelen, Université d’Utrecht, aux Pays-Bas et publiée le 9 décembre 2013 dans la revue médicale The Lancet), chaque hausse de 5 microgrammes par mètre cube de la concentration en PM2,5 en un an augmente le risque de mourir d’une cause naturelle de 7 %.

Quid des personnes à risque

Ces dangers sont plus marqués chez certaines personnes :

- enfants (dont les poumons ne sont pas encore totalement formés),
- personnes âgées (dont la capacité respiratoire est plus faible et l’organisme moins apte à se défendre),
- fumeurs (au système respiratoire déjà irrité par le tabac),
- malades du coeur et des voies respiratoires,
- et femmes enceintes.

Sur des sujets très fragiles, un épisode aigu de pollution peut provoquer des hospitalisations, voire des décès.

Zoom sur femmes enceintes

« La pollution atmosphérique augmente le risque pour la femme enceinte de donner naissance à un bébé de faible poids et au tour de crâne diminué ». Ce sont les conclusions d’une étude européenne menée sur plus de 74 000 femmes enceintes, publiée par la revue médicale « The Lancet ». Europe an Study of Cohorts for Air Pollution Effects (ESCAPE : Étude européenne de cohortes sur les effets de la pollution atmosphérique).

Mais quelles solutions ? 5 trucs et astuces

Bon déjà on oublie le masque ou le foulard : particules FINES on vous a dit… Mais voici quelques mesures à connaître :

1. Inutile de rester cloîtré chez vous : le ministère de la Santé estime que « cet épisode de pollution ne justifie pas de mesure de confinement ». Surtout que les particules fines ne s’arrêteront pas au seuil de votre domicile.

2. Pas la peine de bouder les terrasses de café… évitez juste de vous mettre le nez sous un axe routier. Un thé vert bio avec vue sur le périph de toute manière, c’est pas le meilleur plan.

3. Aérez votre domicile : renouvelez l’air, la pollution se trouve aussi à l’intérieur et se régale des espace confinés. Mais de préférence tôt le matin ou tard le soir.

4. Evitez le métro : des études démontrent qu’on retrouve dans le métro les mêmes polluants que dans l’air extérieur (donc les fameuses particules fines), mais d’autres en plus comme celles provoquées par le freinage des rames.

5. Eh oh, on rentre du bouleau : pourquoi pas une petite balade dans les bois ? Une équipe de chercheurs britanniques a montré que la présence d’un écran de bouleau entre la rue et les habitations permettrait de réduire de 52 à 65% la présence de particules fines dans les logements (Lire l’article du Huffington Post Pollution aux particules fines : le bouleau pour dépolluer les villes)

Et le premier qui me rétorque qu’il est allergique au pollen, je l’envoie se faire promener sur l’autoroute…


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