Alcool et grossesse : à votre santé !

De Marie V | Le 12 septembre 2013

Abstinence pendant 9 mois et plus si allaitement… De quoi donner envie de se faire ligaturer les trompes à toutes les bonnes vivantes. Et pourtant, une récente étude minimise les dangers de l’alcool pendant la grossesse. Décryptage.

Risques de naissance prématurée, de bébés trop petits, hypertension pour la mère… Ces derniers temps, la tolérance zéro est de mise. Et pourtant, une récente étude internationale de grande ampleur (réalisée entre 2004 et 2011 par le docteur Fergus McCarthy sur quelque 5.628 femmes enceintes) démontre qu’une consommation modérée d’alcool ne constitue pas un risque pour l’enfant. Et de nombreuses études le confirment. Par exemple ? Des chercheurs de l’University College britannique ont analysé le comportement de 10.534 enfants âgés de sept ans nés de mères ayant bu modérément pendant leur grossesse et ils n’ont pas trouvé de différences comportementales ni cognitives par rapport aux mères entièrement abstinentes. Alors, pourquoi tant de haine ?

Alcool et grossesse, deux écoles s s’opposent :

  • Celle des discours ultra anxiogèno-culpabilisants avec menace de périr en enfer pour une petite gorgée de vin…
  • Et la version néo babos pochetronne « ma maman fumait un paquet de clopes par jour et sirotait un scotch tous les soirs et je vais très bien ». Mouais.

Vin et pizza - © PhotoSG - Fotolia.comEh bien perso, je vote pour une troisième voie : celle du bon sens !

Enceinte, l’ivresse est à bannir, c’est certain. Mais si vous avez l’estomac plein, un petit verre de bon vin dégusté – occasionnellement – au cours d’un repas, ne fera pas de vous une tortionnaire de fœtus.

Le hic c’est que lorsqu’on dit à une femme enceinte qu’elle peut boire un petit peu de temps en temps, certaines entendent qu’elles sont autorisées à faire la java. Non ! Même les petites joues rosées par l’apéro, bébé danse la lambada pour moins que ça.

C’est comme dans la pub en fait : mo-dé-ré-ment. Alors, champagne ?

Pour en savoir plus, lire : Une étude minimise les méfaits de l’alcool en début de grossesse (Santé Magazine)


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3 thoughts on “Alcool et grossesse : à votre santé !

  1. Risque Zéro

    Cet article, quoique certainement écrit de bonne foi, est à la foi simpliste et dangereux. En tant que spécialiste de la question, je tiens à vous le dire.

    Simpliste car il confond énormément de choses. A commencer par ivresse et toxicité foetale, qui n’ont rien à voir. Comme si ne pas atteindre l’ivresse limitait en soi les effets physiologiques de l’alcool sur le foetus. Et encore, l’ivresse est une notion subjective, qui varie non seulement en fonction des quantités ingérées mais aussi des individus : deux personnes ne réagissent pas de la même manière à une même quantité d’alcool.

    Parler d’ »un petit verre de bon vin » n’a aucun sens. Qu’est-ce qu’un « petit » verre ? Un verre standard, servi dans un restaurant ou un café et dont on sait combien d’unités d’alcool pur il contient ?
    Ou bien est-ce un verre qu’on se sert chez soi, et qui ne contient pas forcément la même quantité d’alcool pur qu’un autre, provenant d’un autre foyer, servi par une autre personne ?

    En quoi le bon vin serait-il moins toxique que le mauvais ?

    Que veut dire pour vous « modérément » ou « avec modération » ? Est-ce que votre modération est la même que celle de votre voisine ?

    Les termes que vous employez sont flous et complètement subjectifs.

    Et c’est vous qui êtes culpabilisante en parlant de tortionnaires de foetus, de pochetronne ou de périr en enfer, vous n’avez manifestement jamais assisté à une réunion d’information organisée les professionnels de la santé.
    Ces derniers ne font que sensibiliser et informer le plus objectivement possible les femmes, à l’aide d’outils et de données scientifiques, dégagées des représentations négatives que votre article véhicule dangereusement.

    Les femmes ainsi informées, qu’elles souffrent déjà d’un problème d’alcool (même avec de faibles doses) ou qui tout simplement ne savent pas quels risques encoure leur bébé quand elles consomment de l’alcool peuvent décider en connaissance de cause. Et le plus souvent, c’est l’occasion pour les premières de demander de l’aide et de commencer un parcours de soin, et pour les deuxièmes de suspendre sans difficulté leur consommation d’alcool le temps que dure la grossesse.

    Bien plus grave qu’un faible poids ou une petite taille à la naissance, un bébé exposé à une alcoolisation lors de la grossesse risque de présenter des troubles psychomoteurs irréversibles qui vont des simples Effets de l’Alcool sur le Foetus au véritable Syndrome d’Alcoolisation Foetale.

    Car avec à un discours qui vise à informer les femmes et qui leur dit « boire de l’alcool pendant la grossesse présente des risques, sachez-le, connaissez-les », il n’y a pas de place pour la culpabilisation, seulement la réflexion et la prise de décision étayée par des faits, et responsable.

    En vérité, on ne sait pas exactement à quel(s) moment(s) et à quelle(s) dose(s) le danger commence pour le foetus. L’alcool passe la barrière placentaire, c’est une donnée qui se suffit presque à elle seule.

    La seule façon de prévenir toute prise de risque est donc de ne pas consommer d’alcool du tout pendant la grossesse.

    Vous l’aurez compris, il n’est pas question de tolérance zéro mais de risque zéro. Ce qui n’est pas, mais alors pas du tout, la même chose.

    Minimiser les risques bien réels est tout aussi erroné que de les maximiser. Les professionnels restent la seule source valable d’information.

    Cela dit, il est tout à fait possible de relayer cette information de manière peut-être plus accessible, mais il faut alors tenir compte de la complexité du sujet et être prêt à y consacrer un peu plus qu’un article d’une quarantaine de lignes, au ton léger et plaisantin.

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    1. Marie V - Auteure du poste

      Il n’a jamais été question de minimiser ces risques. Mais plutôt de traiter de ces problématiques avec légèreté, éviter les discours anxiogènes, et faire appel au bon sens des lectrices de BabyBuzz. Je traite bien du discours de « Tolérance zéro » avec l’alcool, que plusieurs études (sérieuses) contredisent, l’article est sourcé. Les risques avec l’alcool sont certains, mais le « Syndrome d’Alcoolisation Foetale » pour une gorgée de vin, faut peut-être pas exagérer. Cela dit je ne prétends pas être médecin, loin de moi l’idée de faire du prosélytisme pour l’alcool pendant la grossesse. Alors je publie votre commentaire et l’approuve : il apporte un autre éclairage sur ces questions. Merci pour ces précisions et toutes ces explications.

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  2. finot

    Moi, ce sont les gens qui se disent « spécialistes de la question » qui me font peur parfois … des médecins qui auraient, seuls, les clés de la santé pour tous. L’auteure du billet (par ailleurs très bien écrit et drôle !) a totalement raison : revenons à un peu plus de bon sens … tout simplement.

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